jeudi 5 février 2009

FOBB

Il était une fois un président de la confédération si consensuel que ces discours passaient presque inaperçus de la presse. Il fallait donc réagir et c’est ce qu’il fit devant le syndicat FOBB réunit en assemblé annuelle. Il y parla d’un sujet dont débattait alors le CF, le contrat de travail et les clauses de licenciement. C’est un scandale dit-il avec conviction, que l’on puisse dans ce pays licencier un salarié sans même avoir à lui en indiquer la raison.
Objectif atteint : on parla de son discours, trouvé au demeurant excellant mais scandaleux.
Ce fut, répété, durant plus d’un mois, en crescendo, jour après jour, dans toute la presse – que ce serait un pléonasme de qualifier de bourgeoise -. Scandale qu’un Président de la Confédération fasse de la politique, dise à haute voix ce qu’il pense – et ce que pense toute la gauche et les syndicats. Le sujet s’épuisant fut brutalement relancé par un entrefilet suggérant que le discours n’était pas de lui, qu’il ne l’avait pas lu avant, qu’il en était surpris. Faute de convaincre qu’il avait tort, il fallait le torpiller autrement, le faire passer pour un incompétent qui se laisse manœuvrer.
En c’est automne 2003, le parti socialiste et son Président se sont donc retrouvés, un peu surpris, en train de défendre leur Président de la Confédération socialiste. Aussi, lorsqu’en décembre Otto Stich fut élu Conseiller fédéral à la place de Liliane Uchtenhagen, la candidate officielle du parti, et que le parti neuchâtelois ait immédiatement exigé que les socialistes quittent le gouvernement, le groupe des 4, qui dirigeaient le parti suisse, ne purent que s’incliner. S’ouvrit alors le processus qui devait conduire à l’un des Congrès les plus fameux de l’histoire du parti. Impossible cependant de considérer la participation au CF comme inutile puisqu’on venait de défendre bec un ongle un Président de la Confédération qui avait su s’engager politiquement.
Impossible non plus de voter la sortie du CF, supposant que les deux élus y resteraient puisqu’ils avaient tous deux déclarés qu’ils respecteraient la décision du Congrès. Les enjeux étaient clairs. La décision du Congrès le fut aussi et les socialistes ont su évité la débâcle qu’à connu en 2008 l’UDC dans une situation similaire.
Resté au CF, le parti et son groupe parlementaire ont cependant alors compris que participants minoritaires dans un gouvernement, ils n’avaient pas à la soutenir mais bien à mener une politique d’opposition constructive, ce que Christophe Blocher, 25 ans plus tard, à tenté d’imiter.

Commentaire du journal de Genève

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